Yves Viollier

Yves Viollier est né en Vendée, région qui lui a inspiré plus d’une dizaine de romans, dont Même les pierres ont résisté (prix Charette), Les Sœurs Robin (prix du Roman populaire, adapté pour la télévision avec Line Renaud et Danielle Lebrun) et Les Pêches de vigne. Il a obtenu, entre autres, le prix Charles-Exbrayat pour Les Lilas de mer et le Grand Prix catholique de littérature pour L’Orgueil de la tribu. Il est l’auteur aux Presses de la Cité de Y avez-vous dansé, Toinou ?, Le Marié de la Saint-Jean, La Nuit d’après et C’était ma petite sœur. Il est critique littéraire à La Vie et se partage aujourd’hui entre la Vendée et la Charente.

Image : Le temps de l'enfance Couverture du livre Printemps du Livre

Antoine ne veut rien perdre du temps de l’enfance et des chemins creux de Château-Fromage. C’est son socle. Tout part de là. Sa mémé Lise le prenait par la main et lui ouvrait les yeux au monde. Il pédalait sur son vélo et éprouvait ses premiers émois auprès de Cocotte, la garde-barrière. Son horizon tutoyait l’infini.
Et les voix, les gestes, les bonheurs et les souffrances de ceux qui l’ont aidé à grandir sont autant de diamants de la mémoire. Olympe qui aimait les hommes, Irma qu’on a mal aimée, Marcellin que l’amour a fui, Henri qui est allé le chercher de l’autre côté de la terre. C’est le regard du mémorialiste des vies ordinaires qu’Yves Viollier pose avec douceur sur ses personnages.

Crédit photo : DR

 

Jours de présence : Samedi et dimanche


2020

Le père et la fille se tenaient par la main, les yeux fermés. On aurait dit qu’ils dormaient.

« On les a trouvés ainsi que je le raconte dans leur maison des Ombrages. C’était après la Grande Guerre, au Gué-des-Marais. En ce temps-là, on ne pardonnait pas le suicide. Alors, le père et la fille !

Louise était une jeune artiste-peintre au talent précoce qui exposait déjà dans les salons en compagnie des plus grands. Elle avait un bel avenir. La loi du silence a pesé sur le village. Des bruits ont couru. Mais on n’a jamais clairement élucidé le mystère de leur tragédie.

Je suis allé tourner dans ce pays d’eau et de ciel aux couleurs changeantes qu’on appelle Venise verte. On ne m’a presque rien dit. C’était sensible encore. J’ai lu les journaux de l’époque et recherché des tableaux de celle qui m’a inspiré cette histoire, et que j’ai prénommée Louise, dans sa maison natale que j’ai baptisée Les Ombrages. Et j’ai essayé de remonter par le roman les chemins d’un destin qui les a décidés à se prendre par la main. Pour qu’ils revivent. Et que nous apprenions à les connaître. Afin, peut-être, que nous les aimions. »

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