Vingt ans après son bouleversant récit, Ma vie avec Mozart (Albin Michel, 2005), Eric-Emmanuel Schmitt, écrivain, essayiste et dramaturge à la reconnaissance internationale et membre de l’Académie Goncourt, consacre un roman au musicien de son cœur, sous un angle remarquablement original.

Quel enfant n’a pas encensé son père, jusqu’au jour où, découvrant ses limites, il se détourne de lui, le considérant comme faisant partie du vieux monde ? C’est le lot de bien des géniteurs, ce fut aussi celui de Léopold Mozart. Vieil homme amer, reclus dans son appartement de Salzbourg, il dresse pour lui-même un bilan désastreux de l’éducation qu’il a donnée à son fils.
Enfant, Wolfgang, prodige, assimilait bien vite les enseignements de Léopold, excellent professeur de musique. Puis vint le temps des tournées dans les cours d’Europe, Vienne, Paris, Londres, La Haye, Rome, dans l’espoir de faire reconnaître à tous le talent inouï du petit Mozart ; le temps de la pauvreté aussi, de l’épuisement, des coups durs et des humiliations. Les grands de ce monde seraient-ils sourds au génie ?
Léopold, lui, n’a jamais douté de la valeur de son fils. Au fond, Wolfgang non plus n’a jamais douté du talent de son père. Ce sont deux êtres qui s’aiment, mais parfois si mal qu’ils croient se détester.
Crédit Photo : Mathieu Zazzo
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